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14/08/2013

Décentralisation : quid de la future Province du Sankuru

 

Décentralisation : quid de la future Province du Sankuru

 

Les notables de Sankuru s’inquiète de l’emplacement du Chef de lieu de la future province du Sankuru

·         Une restitution de l’histoire s’impose !

La rédaction du journal « Le Scribe » a reçu l’honorable député honoraire, Dominique Lokesu Omenga venu lui déposer ses réflexions dont nous lui faisons l’honneur de publier dans nos colonnes. Le titre et l’avant titre sont de nous pouvant prendre les contours d’un article paraissant dans la presse. Si les écrits touchent une sensibilité, l’auteur y est disposé à répondre.

Promulguée le 16 mars 2006, après le Référendum Constitutionnel du 18 février de la même année, la Constitution de la République Démocratique du Congo, dans son article 02  revisite la cartographie du pays, en remettant de onze à 26 provinces le nombre des provinces.

Bien qu’étant des entités décentralisées mais qui ne se sont pas encore installées, l’actuel district du Sankuru compte parmi l’une des 26 provinces.

Une loi organique débattue à l’Assemblée nationale, bref au Parlement stipule que pour les provinces à installer, les actuels Chefs lieux des districts en deviendront des Chefs lieux. Tout en reconnaissant cette stipulation de la loi fondamentale et de la loi organique, nous les opérateurs politiques et fils incontestés de cette future province, en considérations d’une certaine réflexion émise quant à ce qui concerne ladite province du Sankuru, mais surtout des idées que se font quelques opérateurs politiques et notables en ce qui concerne le lieu où sera érigé le Chef lieu de la Province du Sankuru. L’histoire de notre pays est longue, le district du Sankuru possède également une histoire. Certains personnages ou natifs de cette contrée font semblant d’ignorer l’histoire de leur coin en faveur des visions politiques conjoncturelle ou des intérêts simplement mesquins ou arrogants. Au Sankuru, l’actuel Chef lieu du district, la bourgade de Lusambo, par l’ignorance des colonisateurs belges (long à développer ici) devient Chef lieu de ce district. Comme ce fut le cas pour plusieurs autres parties du pays, les belges ont suivi le tronçon des voies navigables de la Rivière Sankuru à partir de l’embouchure de la Rivière Kasaï jusqu’à Lusambo (fin de la navigabilité)

En explorant davantage la contrée, les belges ont,  via le territoire de Lubefu fini par découvrir un petit ruisseau du nom de « LO-DJA », dont l’eau est très fraîche comme l’eau d’une glacière. Ce ruisseau est situé à quelques dix kilomètres au Sud –est de l’actuelle ville de Lodja, appelée jadis « LOKENYE », à cause du passage du cours d’eau portant ce nom où les colons érigèrent leur ville de Lodja-Deko, les officiels belges et les commerçants belges et portugais préférèrent restés à la proximité de la Rivière Lokenye ayant une embouchure sur la Rivière Sankuru à Mushie pouvant permettre l’acheminement du caoutchouc et d’autres produits agricoles vers Léopoldville (l’actuelle ville de Kinshasa) par petits bateaux, appelés à l’époque « « MONGALA ». Donc, à cause de ses riches potentialités, les colonisateurs se sont définitivement fixés dans la ville de Lokenye qu’ils ont enfin baptisée « Lodja ». C’est à partir de là que les belges ont continué à explorer d’autres coins du District du Sankuru comme Katako Kombe, Kole, Lomela…

Arrivés à Lusambo, les belges y ont tout de même construit des bâtiments. Et comme, c’est là que se  trouve la source de la Rivière Sankuru, les colonisateurs donnèrent le nom du Sankuru à tout le district en y laissant, malgré l’hostilité des bakwa-mputu (originaire de Lusambo), les services u Chef lieu, où sévissaient des maladies contagieuses, la faim et le manque avec le reste du coin.

A l’époque, la Rivière Sankuru fut l’unique voie d’accès à al contrée toute entière avant la découverte de Lodja et la construction de la route Bena-Dibele-Lodja. Bien que les missionnaires tant catholiques que protestants aient pu construire des écoles du niveau moyen à Tshumbe (Territoire de Lubefu) et à Wembonyama (Territoire de Katako Kombe), les récipiendaires qui y terminaient leurs cycles d’études envahissaient Lodja pour y trouver de l’emploi.

C’est ainsi que Lodja devenait de plus en plus le lieu de prédilections des Atetelas. On y trouva donc de grands commis de l’Etat, de grands gérants et vendeurs de magasins des blancs, des enseignants, des chauffeurs, des mécaniciens. Bref, « ceux qu’on appelait « des évolués ». Il faut ajouter oà cette classe les anciens soldats du conquérant « Ngongo –Leteta, venus du Maniema et installés déjà à Lodja avant même la colonisation belge ou l’arrivée des belges.

Le conquérant Ngongo-Leteta, valet des arabes et vendeurs des esclaves, s’étant organisés en implantant ses lieutenants à Lodja, à Lomela, à Kole et ailleurs. Ces lieutenants, leurs enfants et petits enfants étaient devenus occupés. C’est étonnant de voir que ce sont ces petits fils de Ngongo-Leteta, nés et grandis dans des conditions quelquefois difficiles à expliquer qui sont devenus des farouches diviseurs du Sankuru. Ils préfèrent Lusambo à Lodja, alors qu’à Lusambo, il existe des épidémies de la Lèpre et de la maladie du sommeil, causées par la mouche tsé-tsé qui ne sont pas encore éradiquées jusqu’à ce jour. Les statistiques de 2003 sur Sankuru font état de 1.406.456 habitants. Lodja en posséderait selon ces statistiques de 395.788 habitants, plus ou moins 30% d’habitants que compte le district. Compte tenu de l’évolution actuelle de la population, on peut retrouver aujourd’hui au moins 50% d’habitants du Sankuru résidant à Lodja. Il est inutile de penser encore à  Lusambo, car par exemple en 1959, à la veille de l’indépendance de notre pays, le vénérable feu Patrice Emery Lumumba, a tenu le Premier Congrès de son parti MNC/Sankuru à Lodja.

Pourquoi ne se sont pas fait élire à Lusambo ou ailleurs au Sankuru ? Cessons de raisonner avec des sentiments de haine ou d’arrogance.

Depuis 1963à 1964, Lodja fut unanimement choisi comme Chef lieu de la Province du Sankuru. Et, c’est depuis cette époque que l’essor de Lodja ne cesse de s’affermir sur tous les plans, sauf dans la tête des personnes animées d’une malhonnêteté intellectuelle qui se comptent parmi les descendants de Ngongo-Leteta. Leur esprit de domination ne leur ayant pas quitté.

La Province que la Constitution du pays  nous accorde ne  doit pas souffrir de ces idées mesquines et surannées pleines de haine à l’égard des gens de Lodja, Kole, Lomelka et ailleurs. Les ressortissants du Sankuru devraient être fiers d’eux-mêmes, car la province n’est constituée que d’une seule tribu, des gens qui ne parlent qu’une seule langue. Ce n’est pas le cas dans beaucoup d’autres provinces qui comptent dix tribus avec dix dialectes différents.

Pourquoi penser à une autre ville, alors qu’à Lodja on trouve tout : un aéroport moderne, un marché du standing du « Marché de la Liberté », des bâtiments que les services de l’Etat y fonctionnent, des magasins, une banque, des agences de transfert d’argent (SOFICOM, SOLIDAIRE, JESUS SEUL etc.), la REGIDESO, un hôpital de l’Etat et de nombreux centres médicaux pour les soins, deux établissements universitaires, des divisions provinciales de l’Etat ; c’est le cas de la division des affaires foncières, etc. Lodja est situé au centre du Sankuru. Aucun autre territoire du Sankuru ne mérite d’être actuellement Chef lieu, à moins d’user d’autres critères purement personnels. Lodja mérite de réunir tous les enfants d’Okutshu-Mombele quoi qu’on en dise les descendants du conquérant Ngongo-Leteta et son lieutenant Omasumba ne veulent pas entendre raison. Cessons de spéculer sur ce problème. Considérons le comme clos et oeuvrons pour qu’elle soit installée le plus tôt possible. Faisons comme le seul fils du Sankuru qui est maintenant au pouvoir exécutif (Gouvernement de la République) qui a tout fait pour que notre Province du Sankuru soit classée parmi les premières provinces qui va être installée par l’Etat.

 

Correspondance particulière de

Dominique Lokesu Omenga

Député national honoraire

Opérateur politique

21:23 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (6)