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02/12/2010

HCR/Uvira

HCR/Uvira

 

Arrivée de premier convoi de rapatriés congolais réfugiés du Burundi

 

C’est depuis le 28 octobre 2010  que le Haut Commissariat des Nations-Unies pour les Réfugiés  a facilité le retour de premier convoi des Congolais réfugiés au Burundi pour la République Démocratique, qui ont séjourné pour certains pendant plus de 12 ans où ils ont été accueilli par le Gouverneur de la Province du Sud Kivu, Marcellin Cishambo Ruhoya. Ce premier convoi  des congolais en provenance du Burundi voisin avait précédé celui des burundais habitants la RDC depuis le 5 octobre 2010  a été accompagné par le Ministre de l’Intérieur  et celle de Genre de la République du Burundi. Le Gouverneur de la Province était accompagné par le Président de l’Assemblée Provinciale, M. Baleke Kadudu, du Docteur Mwanza Nangunia, Ministre provincial de la Santé, du Genre, de la Famille et des Affaires humanitaires et de plusieurs autres personnalités de la Province du Sud Kivu.

A 12 hoo’, nous avons effectué le déplacement du Bureau de HCR pour le Centre de Transit de Kavinvira avant d’aller au Poste frontalier de Kavinvira, où la cérémonie devrait se dérouler et, à 13 hoo, les Ministres burundais se sont pointés au Poste frontalier de la RDC, où les attendait le Gouverneur de la Province et sa suite qui s’en est suivi des allocutions de différentes personnalités qui devant recevoir nos frères de retour au bercail et de celles qui les ont accompagnés depuis Burundi. Une ambiance de confraternité y a régné et l’on a vu des congolaises et des congolais être fiers d’avoir retrouvé la terre de leurs ancêtres sans ménagement, tandis que le Gouverneur les invitera à plaider aussi auprès de ceux-là qui hésitent ou qui trainent les pieds à emboîter leur exemple.

Arrivée au Centre de Transit de Kavinvira, les rapatriés volontaires ont rempli les conditions d’usage pour tout rapatrié qui retrouve sa patrie, entre autres l’installation dans l’Espace communautaire, les sensibilisations et screening, le travail de vérification et de screening médical, la distribution du paquet retour.

Selon le Ministre de l’Intérieur burundais qui a dit en substances que : « les instants que nous sommes entrain de vivre couronnent le succès des pourparlers tripartite, qui ont été entamés à Bujumbura, il y a deux ans et ont réunis encore à Kinshasa nos deux gouvernements et le HCR, le 11 décembre 2009, une convention fixant les responsabilités de chaque partie dans l’organisation d’un rapatriement en dignité et en sécurité de nos compatriotes réciproques.

Au Centre de Transit, ils avaient droit aux bâches, aux nattes, aux couvertures, aux kitchen sets (ustensiles de cuisines), aux bidons, aux savons de lessive, aux moustiquaires, au seau en plastique, distribués par le HCR. La PAM quant à elle, elle a donné aux rapatriés au Centre de Transit de la Farine de Maïs, de haricot, de l’Huile végétale et du sel de cuisine pour une échéance de 3 mois. Tandis que la FAO a disponibilisée au Centre de Transit des outils aratoires, composé de houe, de l’arrosoir et de râteau par ménage et des semences maraîchères, composé de tomates, des oignons, d’amarante, d’aubergine, de chou et de poireau pour 50 kg par ménage. Le volet sensibilisation contre le VIH/SIDA a été confié à l’IMC qui a disponibilisé aussi  des préservatifs et l’assistance aux femmes en âge de procréation de 12 à  52 ans l’a été par l’AIDES.

Il faut noter que  le 29 octobre le premier convoi  des rapatriés devraient retourner chez eux dans leur milieu d’origine par axes et là le HCR devrait encore les assister pour une meilleure réinsertion. C’est ainsi que les kits abris décidé par la CT du 14-décembre 2008 à Kinshasa  ont été distribué dans les villages aux rapatriés pour les familles de 3 individus et plus, et tous les couples ont pu bénéficier pour ceux qui auront érigé les murs de leurs abris dans les 5 mois qui suivent leur retour d’une porte, de deux fenêtres, de 2 Kg de pointes, d’une pioche et de 22 tôles de 3 mètres.

Un reportage de Sébastien Tshibangu

 

Le Gouverneur Marcellin Cishambo donne ses impressions à l’issue de ce retour des compatriotes congolais exilés au Burundi

 

 

C’est un sentiment de joie quand on vient d’exil. J’ai vécu en exil personnellement, et quand on vit en exil et qu’on doit on rentrer chez soi, il n’y a pas meilleur moment que celui là. Même si on peut avoir d’appréhension sur ce qu’on  trouvera à l’arrivée, le sentiment de rentrer chez soi est plus grand que les appréhensions qu’on peut avoir.

 

Les dispositions d’assistance prises pour leur retour dans le milieu d’origine

 

La partie gouvernementale a été représentée par la CNR (la Commission Nationale des Réfugiés), le reste, c’est l’équivalent burundais et le HCR qui a fait sa part de travail.

 

Quelle assurance donnée aux congolais de retour ?

 

S i je ne croyais pas je ne serai pas venu, vous imaginez quelqu’un qui vient se faire filmer… Alors qu’il n’est pas sûr que ça ne va pas bien se passer, sinon ça n’arrive pas ça.

 

Réunion de clarification ou quoi ?

 

Vous avez une bonne notion d’histoire… Vous avez qualifié ça d’un débat de clarification, non là c’était un débat des mobutistes, lors de la crise belgo-zaïroise. Non, moi je ne fais pas une rencontre de clarification, mais c’était tout simplement une rencontre de prise de contact avec les autorités de la société civile, des notabilités locales, des représentants de la Fédération des Entreprises du Congo, bref des leaders d’opinion, puis qu’il ne fallait pas qu’on interprète mal le retour des gens qui viennent.

 

Pensez-vous avoir résolu le problème à la source ?

Quand bien même je ne l’aurais pas résolu, nous sommes à trois à examiner si les conditions de retour sont observées des gens qui viennent. Je ne vois pas le HCR prendre les risques de faire revenir les gens qui se retrouveraient plus en danger dans leur pays que quand ils étaient en exil. On calcule les risques et puis on prend un minimum de courage pour assumer ce qu’on fait.

 

 

L’apport du gouvernement congolais

 

Le premier apport est sentimental, le plaisir de voir ses citoyens revenir ; le deuxième, il y a quand même un espace ici, il reste encore le secteur que vous voyiez tout court, le centre de transit, on a offert la terre, il y a le lotissement qui est prévu ? Celui qui vous donne la terre, c’est <celui qui vous donne beaucoup.

Quel message lancez-vous à ceux qui ne veulent pas rentrer ? Vous savez, il ya souvent plusieurs raisons pour ne pas rentrer. Mais il faut encourager ceux qui ont envie de rentrer, et qui serviront des témoins pour ceux qui hésitent. Moi, je ne peux pas si quelqu’un a pris l’habitude de vivre à 35° et qu’il remonte dans les hauts plateaux, où il fait 14°, s’il a froid et qu’il a envie de revenir dans la chaleur, où il était, ça devient trop sentimental. Il faut que les gens se mettent en tête qu’on n’est jamais mieux que chez-soi.

Où seront-ils installés ?

Je crois que, laissez-les d’abord arrivés, en fonction de leurs lieux d’origines ou des désirs qu’ils vont exprimer, on saura là, où ils devront aller.

Si cela dépendez-vous, qu’allez-vous dire  à ceux qui hésitent de revenir ?

Moi, je les ai vus dans les camps. Je ne comprends pas très bien, pourquoi ils doivent rester là-bas. Il vaut mieux rentrer chez-soi. J’ai fait les tours des camps pendant une petite semaine, tous les trois camps concernés, et déjà le plaisir de les voir, qu’ils étaient fatigués de ne pas nous voir.

Et comment s’est passé la sensibilisation dans les camps ?

Ce qui devrait être fait, a été fait. La meilleure sensibilisation, ce sera ceux qui ont pris les risques de venir les premiers.

Ca prendra combien de temps pour le retour ? Moi, je ne suis pas pressé comme vous. Vous avez l’idée que ça devrait prendre combien de temps ? Deux jours ou non. Je suis allé en Tanzanie en 2005 pour sensibiliser les gens au retour. Depuis 2005, ils viennent petit à petit. Mais sur 150.000, il y a 60.000 qui sont déjà revenus. Ils ne sont pas pressés comme tout le monde. Il y a des raisons pour que les gens ne viennent pas, si vous avez un enfant qui termine l’école secondaire… Il y en a qui rêvent d’aller dans les pays occidentaux avec les mythes de la neige… Et quand ils réalisent que l’idéal n’est pas ça… Moi, je n’ai pas les moyens de les forcer. On croit encore aux droits de l’homme.

L’idéal, c’est quoi pour vous ? C’est qu’ils apprennent à vivre comme ceux qui sont restés dans le pays. Et, s’ils ont appris des bonnes choses à l’extérieur, surtout en matière de cohabitation avec ceux qu’ils ne connaissaient pas, qu’ils viennent répandre cette greffe de la cohabitation, puis que j’ai constaté cela dans les camps. Les gens ont appris à vivre ensemble, sans demander très souvent qu’elle était la langue d’origine de tout un chacun. S’ils peuvent apporter ça comme message profond, cela pourrait peut-être changer ceux qui sont restés et qui regardent encore les nombrils du village avant de pouvoir donner un emploi ou de manger avec quelqu’un.

Nous vous remercions.

 

 

 

 

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