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10/04/2010

RDC: les retombées des attaques des Enyele

Sanctions tombées contre trois officiers supérieurs des FARDC rendus responsables des failles dans les événements de Mbandaka

 

 

Trois officiers supérieurs des FARDC viennent d’être déférés devant la justice militaire dans le cadre de l’enquête autour de l’attaque de Mbandaka, enquête qui établit des failles dans les responsabilités mal assumées par les concernés en matière de défense

 

L’attaque des insurgés sur Mbandaka, le jour de Pâques 2010, a fait des victimes autant que des morts. Au nombre de ces victimes collatérales se trouvent non seulement trois officiers supérieurs des FARDC, déjà suspendus et traduits devant le tribunal militaire, mais aussi un député provincial et deux députés nationaux naturellement originaires de la province de l’Equateur. Comme quoi, la sanction appelée de tous ses vœux par le citoyen congolais a, enfin, été au rendez-vous du Conseil supérieur de la Défense tenu au chef-lieu de la province de l’Equateur. Plaise à Dieu que, pour la suite des événements, la sérénité, l’équité et le droit prévalent pour déterminer, dans les règles de l’art, les responsabilités des uns et des autres.

Quatre jours après l’attaque surprise dirigée par des insurgés Enyele sur la ville de Mbandaka, le gouvernement central a donné de la voix. Et ce, à la suite de la réunion de défense et sécurité présidée jeudi par le chef de l’Etat, Joseph Kabila, au chef-lieu de la province de l‘Equateur.

Vendredi, le ministre de la Communication et des médias, Lambert Mende, a reçu la presse tant nationale qu’internationale. Son point de presse, comme il l’a reconnu, visait à fournir à l’opinion le maximum d’informations en rapport avec les événements survenus, le jour de Pâques, dans la ville de Mbandaka. Au fond, le gouvernement, à travers son porte-parole, entendait de la sorte jouer à la transparence. Les points saillants du point de presse ministériel peuvent se résumer ainsi. Oui, il y a eu « une attaque terroriste d’un groupe armé le dimanche 4 avril 2010 à Mbandaka ».

Des morts dans tous les camps

Oui, les FARDC « ont maîtrisé les assaillants une heure seulement après l’attaque, avec l’appui de la force de la Monuc. Les FARDC ont donc neutralisé plus de 90 % des assaillants en un temps aussi court, ce qui conforte la position du chef de l’Etat et du gouvernement lorsqu’ils affirment que la République démocratique du Congo est en train de recouvrer sa capacité d’affronter de multiples challenges ».

Oui, « l’attaque terroriste non revendiquée sur Mbandaka peut à cet égard être considérée comme l’œuvre criminelle d’une main noire qui tient à empêcher toute forme de normalisation au Congo ». Oui, « le gouvernement congolais est conscient de l’indispensable nécessité d’une aide au renforcement de son système de sécurité. Mais il entend organiser désormais un tel soutien dans le cadre d’une coopération classique, à l’instar de tous les pays qui bénéficient de l’appui des Nations Unies sans qu’il soit nécessaire de le maintenir dans le régime d’exception que la RDC a expérimenté depuis 1999, au plus fort de la guerre qui a ébranlé ses fondements».

Oui, il y a eu des morts dans tous les camps. Le bilan, selon le ministre, fait état de « 7 soldats FARDC, 3 policiers et 2 civils tués ; 21 assaillants tués dont 3 lynchés et 38 capturés. Parmi les capturés se trouvent le chef de renseignements des terroristes, celui de la logistique ainsi qu’un conseiller de Udjani », le cerveau

 

 

 

 

 

 

de la bande. Le ministre a également confirmé que la Monuc a perdu 3 éléments. Et le gouvernement de la République a présenté sa compassion.

Dysfonctionnement dans les services

Oui, a encore reconnu le ministre de la Communication et des médias, « quelques cas d’indiscipline observés dans les rangs des FARDC ont été sanctionnés pour actes de lâcheté, de pillage et de terrorisme. Un lieutenant-colonel et un lieutenant comparaissent à ce sujet depuis jeudi devant le Conseil de guerre de garnison de Mbandaka. Le jugement est attendu dans 48 heures ».

C’est dans ce registre des sanctions que le Conseil supérieur de la Défense a décidé de distinguer 7 militaires qui ont, pour des « hauts faits d’armes », mérité une citation. Par contre, des sanctions négatives frappent trois officiers supérieurs – dont le ministre s’est gardé de citer les noms – tandis qu’un député provincial et deux députés nationaux de l’Equateur figurent parmi les présumés complices des assaillants.

Toutefois, a-t-il indiqué en réponse à une question de la presse, la justice militaire est déjà saisie de ces cas. C’est d’elle que proviendra la lumière sur l’identité des trois officiers et des trois élus du peuple mis en cause. Les officiers supérieurs seraient accusés de dysfonctionnement dans leurs services. Ils n’ont pas voulu ou pu déjouer l’attaque pourtant annoncée quelques jours avant.

C’est ici le lieu d’inviter les institutions de la République chargées du dossier à plus de circonspection pour ne pas tomber dans l’arbitraire ou la chasse aux sorcières. Ce qui aurait pour conséquence de décrédibiliser leur démarche, pourtant noble, tendant à faire éclater la vérité sur les tenants et les aboutissants de l’opération armée contre Mbandaka.

Le Potentiel


 

 

21:51 Publié dans Rédaction | Lien permanent | Commentaires (0)

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