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03/04/2010

Un inceste excusé!

Un inceste excusé par un trouble du sommeil

Jacques Laruelle

Un père acquitté pour le viol de sa fille de quatre ans. Il souffrait de “sexsomnie”.

La sexsomnie, un syndrome qui reste méconnu

De mémoire de juriste, ce serait une première en Belgique. Un tribunal a acquitté lundi, au bénéfice du doute, un père, qui avait invoqué un trouble du sommeil pour expliquer le viol de sa fille alors âgée de quatre ans.

Les faits datent du 23 juin 2008. La fillette, dont les parents sont séparés, avait rejoint la chambre de son père après un cauchemar. Elle l’avait réveillé alors qu’il lui imposait une fellation. Quelques semaines plus tard, la fillette s’était confiée à sa mère. Les faits avaient été dénoncés à la justice. Et, arrêté, l’homme passera quatre mois en détention préventive.

Le père, qui avait l’hébergement principal de sa fille, ne pourra plus la voir.

La fillette a été entendue six mois après les faits. Son audition a été, comme le veut la pratique dans les faits de moeurs commis sur des mineurs, enregistrée par une caméra.

Elle a maintenu que son père ne l’avait pas vue et ne l’avait pas reconnue. Et qu’il ne l’avait pas fait exprès.

De son côté, le père ne mettait pas la parole de sa fille en doute. Il ne contestait pas les faits qui lui ont valu de se retrouver devant le tribunal correctionnel de Mons. Et où le ministère public avait requis, le 1er mars dernier, huit ans de prison.

Il avait néanmoins fait valoir qu’il avait un sommeil très profond. "Nous avons expliqué que mon client n’avait pas réalisé ce qui s’était passé, qu’il le regrettait, qu’il en était malade", explique son avocat, Me Yves De Gratie.

L’homme a été examiné par un collège d’experts qui a conclu que l’homme avait véritablement un sommeil très lourd. Il n’a pas exclu qu’il pouvait ne pas se souvenir de ce qui s’était passé dans la nuit du 23 juin 2008 avec sa fille.

Ce trouble, qui était avancé par la défense, s’appelle la "sexsomnie". Elle est caractérisée par le fait que l’homme - ou la femme - n’a aucun souvenir des relations sexuelles qu’il a pu nouer dans son sommeil.

Et, avance Me De Gratie, le comportement du père pourrait également s’expliquer par son mode de vie qu’il qualifie de "quelque peu exubérant". La veille du 23 juin 2008, le père s’était rendu dans une boîte libertine avec une amie. Combiné avec l’alcool qu’il avait consommé le soir des faits, il aurait pu vivre une "forme de réminiscence".

Lundi, les trois juges montois ont suivi les experts qui avaient examiné le prévenu. Ils ont estimé que l’on ne pouvait exclure les conclusions des experts. Et ils ont acquitté le père au bénéfice du doute.

"A notre connaissance, c’est une première en Belgique", dit-on au parquet de Mons qui n’a pas encore décidé s’il irait en appel. Le parquet a un délai de quinze jours. Me De Gratie ne connaît pas plus de jugement similaire en Belgique ou encore en France.

Par contre, relève Me De Gratie, la parasomnie - les troubles du sommeil auxquels appartient la sexsomnie - ont justifié des acquittements au Canada et en Grande-Bretagne. Dans le premier cas, un Canadien poursuivi pour des faits de mœurs a été acquitté. Et un Anglais, qui avait rêvé d’avoir été agressé par sa femme, a été acquitté après qu’il lui eut porté une quarantaine de coups de couteau mortels.

Réactions :

@csodaszarvas

Je ne sais pas si la société peut déclencher des déviances, mais les aggraver ou au contraire les atténuer, ça, j'en suis convaincu. Des repères, des balises, des exemples: tout cela peut contribuer à rendre chacun plus lucide et responsable.

Quant à changer la société, influences bottom-up et top-down se nourrissent mutuellement. Je crois que chaque personne honnête rend, par son comportement, la société un peu plus vivable. Et je crois aussi que les puissants de ce monde (top-down) ont aussi un rôle crucial pour créer les conditions d'une société plus juste et plus vivables, puisqu'il leur appartient de définir les règles du jeu. Le malheur est que le plus honnête des hommes peut devenir un dirigeant aveugle et corrompu. Le pouvoir n'est pas bon pour l'homme. Il ne l'a jamais été, et ne le sera jamais.

 

tanguy88 - Belgique 15h39 et 15h45
Effectivement, ce sont des sujets qui font mal et je vous rassure sur ma compréhension de vos commentaires.
J'ajouterai à votre réponse à csodaszarvas que l'exemplarité est la meilleure forme d'éducation.

 

@csodaszarvas

Certainement, il faut agir avec la plus grande sévérité. Ce qui m'agace dans les réactions des médias et du commun des mortels, c'est de réserver leurs critiques au seul criminel, alors qu'ils feraient bien d'ouvrir leurs oeillères et de s'interroger sur leur propre responsabilité personnelle dans tous ces drames, et partant, sur celle de la société, qui n'est jamais que ce que nous en faisons. Et là, il y a un vrai déficit de réflexion, et d'action.

Gibran écrivait:"Et quand l'un de vous trébuche il tombe pour ceux qui sont derrière lui, en mettant en garde leurs pas lents contre la pierre d'achoppement.

Et il tombe pour ceux qui sont devant lui, dont le pas est ferme et rapide, bien qu'ils n'aient même pas pris le temps de repousser la pierre d'achoppement".

 

@melf
Effectivement. L'excès nuit en tout. Il cache souvent quelque chose de louche.

Ne me comprenez pas mal: tous les abus sur enfants, quels qu'ils soient, me font mal, mais de là à s'exciter et à pousser au lynchage public de quelques individus, il y a une sacrée marge qui s'appelle civilisation.

 

@melf et Tanguy88:

Oui, c'est vrai, l'avocat des parents de Julie et Mélissa notamment, non?

Mais ce n'est pas une raison pour faire preuve de molesse. Il s'agit d'enfants et le taux de récidive de ce genre de criminel est assez élevé.

 

 

21:44 Publié dans Rédaction | Lien permanent | Commentaires (0)

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