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02/04/2010

Coup de force en Guinnée Bissau

Guinée-Bissau: le Premier ministre et le chef d'état-major arrêtés La confusion régnait jeudi en Guinée-Bissau, où le Premier ministre Carlos Gomes Junior, a été arrêté jeudi matin par des "jeunes soldats", mais où des centaines de manifestants se sont rassemblés dans le centre de la capitale Bissau pour demander sa libération. Le chef d'état-major de l'armée, le général José Zamora Induta et une "quarantaine d'officiers" ont également été arrêtés par des militaires à Bissau, a-t-on appris de source militaire. "Nous avons mis la main sur le chef d'état-major, le général José Zamora Induta, qui s'était caché chez des amis, officiers également. Nous l'avons conduit sous bonne escorte à la base aérienne, près de l'aéroport", a indiqué cette source, ajoutant qu'"une quarantaine d'officiers sont actuellement arrêtés". Le chef d'état-major adjoint de l'armée, le général Antonio Indjai, avait menacé un peu plus tôt, lors d'une conférence de presse, de "tuer" le Premier ministre si les "attroupements" de ses sympathisants ne cessaient pas. "Nous vous demandons d'éviter tout attroupement dans les rues. Si vous ne le faites pas, cela peut nous amener à tuer Cadogo", surnom du Premier ministre, a déclaré le chef d'état-major adjoint, qui était accompagné par l'ex-chef de la Marine, le contre-amiral José Américo Bubo Na Tchute. Après son arrestation, le Premier ministre a été conduit à sa résidence par des militaires qui l'avaient arrêté dans la matinée. En début d'après-midi, les manifestants favorables à M. Gomes Junior étaient maintenus à l'écart, à environ 150 mètres de la résidence. "Très tôt ce (jeudi) matin, des jeunes soldats sont sortis des casernes, principalement de l'Etat-major pour procéder à l'arrestation du Premier ministre en envahissant sa résidence", avait auparavant déclaré à l'AFP une source militaire qui s'exprimait sous couvert de l'anonymat. La radio nationale a interrompu ses programmes pour diffuser de la musique militaire et des soldats étaient visibles jeudi matin autour des casernes. Mais plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées devant le siège du gouvernement pour exiger la libération du Premier ministre. "Libérez Cadogo, nous en avons assez des violences", scandaient les manifestants, pour la plupart des sympathisants du Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap vert (PAIGC, au pouvoir, ex-parti unique). La situation restait confuse à la mi-journée. Un soldat faisant partie du groupe de militaires ayant arrêté le chef du gouvernement a déclaré à l'AFP: "Nous avons pu +cueillir+ le Premier ministre ce (jeudi) matin". Mais "certains de nos collègues ont fait défaillance ce qui a un peu compliqué la situation. Nous ne savons pas trop quoi faire avec lui. Il y a eu une réaction de certains officiers loyalistes", a-t-il ajouté. Dans le même temps, l'ex-chef de la Marine bissau-guinéenne, réfugié dans les locaux de l'ONU à Bissau, a quitté "volontairement" peu avant 11H30 (locales et GMT) les locaux de l'ONU à Bissau, où il se trouvait depuis le 28 décembre 2009, selon un communiqué de la mission de l'ONU en Guinée-Bissau transmis à l'AFP. Avant son départ, l'amiral José Américo Bubo Na Tchute "a signé un document dans lequel il déclare qu'il quitte les locaux (de l'ONU) de son plein gré et pacifiquement", selon le texte. Il avait été accusé de tentative de coup d'Etat en août 2008. L'ancienne colonie portugaise d'Afrique de l'Ouest, voisine du Sénégal, a été marquée par l'instabilité politique depuis son indépendance en 1974, avec une série de coups d'Etat. L'armée est très influente dans ce petit pays ravagé par une guerre civile à la fin des années 1990 et au centre de trafics de drogue. En mars 2009, le président Joao Bernardo Vieira, élu en 2005, a été tué par des militaires à Bissau, quelques heures après l'assassinat du chef d'état-major. L'actuel président bissau-guinéen Malam Bacai Sanha, 62 ans, a été soigné pour raisons de santé pendant plusieurs semaines, notamment à Paris, à la fin de l'an dernier.

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