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28/05/2014

RDC:2ème pays le plus pauvre du monde

RDC : 2ème pays le plus pauvre du monde

 

La débâcle de la RDC sous Matata Ponyo

 

·    Joseph Kabila impuissant observe son Premier Ministre

 

Mensonges, démentis, vérités trop osées, les congolais restent dans l’impasse et sceptiques sur la gouvernance de la RDC depuis l’AFDL dont on continue de célébrer jus qu’à ce jour. Selon le classement et des données issues d’estimations du Fond Monétaire International pour 2013 sur une liste de 189 pays et d’autres critères peuvent être pris en compte pour déterminer la pauvreté, comme la part de personnes vivant avec moins de 1,25 dollar par jour, la part des personnes vivant sous le seuil de pauvreté nationale (60% du revenu médian) ou en fonction de l’indice de développement humain (indicateur composite du Programme des Nations Unies pour le Développement).

Publié le 19 février dernier, la RDC,  notre pays vient en deuxième position des pays classés les plus pauvres du monde. «  Parmi les 20 pays les plus pauvres du monde, un seul pays n’est pas situé sur le continent africain. Ces 20 pays cumulent ensemble un PIB de 243 milliards de dollars soit 20 fois moins environ que le PIB français à lui tout seul, et ce pour une population sept fois supérieure. C’est peu dire que la marge de progression est colossale. Le PIB par habitant du Malawi par exemple, est 200 fois moins élevé que celui de la France. » Or, selon certains témoignages recueillis par ci par là, il semble que la RDC est en dessous même de Malawi. En dépit de cela, la RDC vient après le Malawi. Voici les pays les plus pauvres du monde, classés selon leur PIB par habitant en 2013 :

 

1er : Malawi, 215,22 dollars de PIB par habitant ; avec un PIB de 3,68 milliards de dollars pour 17,11 millions d’habitants, le Malawi est le pays au monde qui dispose du moins de richesses pour chaque habitant. Sans accès à la mer, au sud-est de l’Afrique, le pays a même vu son PIB par habitant dégringoler de 14% en 2013. 81, 3% des personnes vivent avec moins de 1,25 dollars par jour, selon les Nations Unies. PIB 2013 : 3,68 milliards de dollars (-11,76M) : Population 2013 estimée à 17,11 millions avec une évolution PIB/habitant de -14,24%.

2ème : La République Démocratique du Congo : La République Démocratique du Congo (RDC) dirigée par le Président Joseph Kabila, affiche un PIB de 18,56 milliards de dollars américains pour presque 77 millions d’habitants, 87 ;7% de la population vit avec moins de 1,25 dollar par jour, c’est le ratio mondial. Heureusement, le pays a connu une croissance de 7,6% en 2013 (sous Matata). PIB en 2013 : 18,56 milliards de dollars (+7,59%). Population : 76,99 millions) avec une évolution PIB/habitant en 2013 de +4,45%/

3ème : Le Burundi : le Burundi, troisième pays le plus pauvre du monde. Minuscule pays de 9 millions d’habitants situé au centre de l’Afrique sur un plateau montagneux, le Burundi affiche un PIB d’à peine 2,68 milliards de dollars, 81,3% des personnes vivent avec moins de 1,25 dollar par jour dans le pays. Il a toutefois connu une croissance de 8,25% en 2013 et le PIB par habitant a progressé de 5,7%.

4ème : Niger, quatrième pays le plus pauvre du monde. Situé en Afrique de l’Ouest, le Niger affiche un PIB de7,3 milliards de dollars pour 16,6 millions d’habitants. Avec sept enfants par femme, le pays détient le record mondial du taux de fécondité, ce qui entraîne des difficultés de développement. Le PIB par habitant a toutefois progressé de 7,75% en 2013.

5ème : République Centrafricaine : Théâtre d’une opération militaire française depuis fin 2013, est le cinquième pays le plus pauvre du monde avec un PIB de 2,05 milliards de dollars pour 4,61 millions d’habitants. Evidemment, le coup d’Etat du 24 mars 2013 n’a pas arrangé les choses : le pays était en récession l’an dernier avec un PIB en baisse de 5,62%. PIB 2013 : 2,05 milliards (-5,62%)

6ème : Madagascar : Sixième pays le plus pauvre du monde est situé au large de la côte est de l’Afrique, Madagascar ne parvient pas à s’extirper de la pauvreté. Le PIB par habitant, de 458 dollars, n’a progressé que de 1,52% en 2013. 81,3% des 23 millions d’habitants vivent avec moins de 1,25 dollar par jour. Les principales ressources du pays sont le tourisme et les produits agricoles (vanille, café, cacao…). PIB 2013 : 10,53 milliards de dollars (+4,06%).

7ème :  Gambie, septième pays le plus pauvre du monde. Mince enclave de terre à l’intérieur du Sénégal, la Gambie compte à peine 1,88 million d’habitants et son PIB  n’a même pas dépassé le milliard de dollars en 2013 et il est en recul 75% de la population vit de l’agriculture de subsistance et le PIB par habitant a baissé d 3,95% l’an dernier. PIB 2013 : 0,9% milliards de dollars (-1,32%).

8ème : Libéria, huitième pays le plus pauvre du monde. Situé en Afrique de l’Ouest entre Sierra Leone et la Côte d’Ivoire, le Libéria compte 4,08 millions d’habitants pour un PIB de presque 2 milliards de dollars en 2013. 83,8% de la population vit avec moins de 1,25 dollar par jour ; c’est le deuxième le moins bien classé sur ce critère après la République Démocratique du Congo. PIB 2013 : 1,95 milliards de dollars (+14,01%).

9ème : Ethiopie, neuvième pays le plus pauvre du monde. Avec 88,85 millions d’habitants en 2013, l’Ethiopie fait partie des pays les plus peuplés d’Afrique. Rapporté à sa population, son PIB de 47,34 milliards de dollars apparaît du coup relativement faible. Néanmoins, ce dernier a connu une forte croissance l’an dernier à 11,3%. L’Ethiopie est devenue depuis quelques années la destination à la mode des sous-traitants du textile ou de l’industrie. Avec une évolution de +8,73%/

10ème : Erythrée : voisine de l’Ethiopie, l’Erythrée est indépendante depuis 1993. Le pays affiche un PIB de 3,44 milliards de dollars pour une population de 6,33 millions d‘habitants. 61,3% de la population à moins de 24 ans et le pays demeure l’un des plus pauvres du monde, en dépit d’une croissance de 11 ;19% l’an dernier. PIB 2013 : 3,44 milliards de dollars avec une évolution de +7,63%.

11ème : Guinée-Bissau : onzième pays le plus pauvre du monde. Petit pays situé sur la côte ouest de l’Afrique, au Sud du Sénégal, la Guinée Bissau compte à peine 1,61 million d’habitants. Le pays a vu son PIB par habitant augmente de 4,76% en 2013, il reste néanmoins parmi les plus faibles du monde/ La Guinée Bissau détient aussi une des plus faibles espérances de vie au monde, à 49,5ans. PIB 2013 : 0,88 milliards de dollars (+6,93%) avec une évolution de + 4,76%.

12ème : Guinée : douzième pays le plus pauvre du monde avec un PIB de 6,54 milliards de dollars pour 11,13 millions d’habitants, la Guinée est en progrès contre la pauvreté. Le PIB par habitant a connu une très forte croissance en 2013, à 13,36%. La part des personnes vivant avec moins de 1,25 dollar par jour (43,3%) est deux fois inférieure à celle de la République Démocratique du Congo par exemple. PIB 2013 : 11,13 millions avec une évolution de +13,36%.

13ème : Ouganda :, treizième pays le plus pauvre du monde. Disposant de faibles ressources naturelles, l’Ouganda affiche un PIB de 22,6 milliards de dollars pour 36,82 millions d’habitants, 70% de la population à moins de 24 ans et 51,5% vit avec moins de 1,25 dollar par jour. PIB 2013 : 22,6 milliards (+6,4%) et une évolution de +3%.

14ème : Afghanistan, unique pays non africain de ce classement, l’Afghanistan n’a pratiquement connu que la guerre au cours des dernières décennies. Pas de quoi favoriser un développement économique. Le pays compte près de 33 millions d’habitants pour un PIB de 20,65 milliards de dollars. Il affiche aussi des plus faibles espérances de vie au monde, à 50,1 ans. PIB 2013 : 20,65 milliards de dollar (+1,75%) et une évolution de -1,21%.

15ème : Mozambique :quinzième pays le plus pauvre du monde. Situé sur la côte est du continent africain, le Mozambique est l’un des pays les moins développés au monde, selon le Programme des Nations Unies pour le Développement. Quatre personnes sur cinq y vivent encore de l’agriculture de subsistance. Son PIB est de 14,67 milliards de dollars en 2013 pour 22,91 millions d’habitants. PIB 2013 : 14,67 milliards de dollars (+2,98%) avec une évolution de +0,97%.

16ème : Togo : avec un PIB de 4,3 milliards de dollars avec un PIB/habitant de 669,95 dollars américain et une population estimée à 6,42 millions d’habitants. PIB en évolution de plus +12,60%

17ème : Mali 16,85 millions d’habitants et un PIB en 2013 de 11,37 milliards de dollars avec une évolution de +10,19%. PIPB/habitants 674,61 dollars.

18ème : Burkina Faso : 17,76 millions d’habitants d’un PIB / Habitant de 682 dollars avec une évolution de 7,4% et un PIB 2013 de 12,13 milliards de dollars.

19ème Tanzanie : 46,28 millions d’habitants, le PIB 2013 de 31,94 milliards de dollars et une évolution de 9,88%.

20ème : Népal : Population estimée à 27,92 millions d’habitants le PIB par habitant de 692,64 dollars et d’un PIB 2013 à 19,34 milliards de dollars et d’une évolution de 2,02%.

 

Nous pouvons terminer en évoquant un grand orateur de l’heure, qui n’est autre que Monsieur Martin Kobler, Représentant spécial du Secrétaire Général des Nations Unies en République et qui ne cesse de le répéter : «  Je sens qu’on a beaucoup des choses à faire ici, il faut le soutien de la Communauté internationale. (La RDC), C’est un pays extrêmement riche mais avec beaucoup des problèmes. Il Faut régler les problèmes d’investissements. Il faut restituer l’autorité de l’Etat, particulièrement à l’Est. Il faut lutter contre la pauvreté. Il faut la combinaison entre l’économie et la politique. C’est très important dès qu’on découvre les potentiels de la RDC », fin de citation.

 

Le Scribe

 

 

15:22 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (3)

Ministère Chrétien du Combat célèbre les 20 ans du Siège de Mbandaka

Ministère Chrétien du Combat Spirituel et la Fondation Olangi Wosho

 

20ème anniversaire du Siège  de Mbandaka

 

* Venez vivre la vie à Mbandaka avec Jésus Christ qui y a pris Rendez vous

 

Le Ministère Chrétien du Combat Spirituel, célèbre le 20ème anniversaire du Siège de Mbandaka au mois de juillet à partir du 8 courant du mois.

En effet, la plupart des sièges du Ministère Chrétien du Combat Spirituel et de la Fondation Olangi Wosho fêtent cette année leur vingt ans d’existence. Et comme on ne peut-être à la fois au même moment, les membres de ce siège ont eu la vision claire de demander à la visionnaire du MCCS, Maman Elisabeth Olangi Mbamba na Yesu qu’elle puisse organiser en leur faveur une réjouissance.

D u coup, certains sièges ont manifesté le désir d’une telle organisation. Ce qui est logique. Mais l’organisation de telle manifestation suscite une grande mobilisation. D’où les premiers venus bénéficieront de cette organisation, les autres n’ont qu’à se réjouir avec leurs soeurs et frères de Mbandaka. C’est pourquoi le Rendez vous est pris pour Mbandaka au mois de juillet.

Maman Olangi est la présidente de cette grande manifestation. Et, c’est dire qu’elle sera en personne dans le Chef-lieu de la Province de l’Equateur. Il sied de noter que le Gouverneur de cette province, Koyagialo Gbase Te Gerengbo est membre du MCCS.

C’est donc le choix de Dieu.

Le Rendez est pris avec Jésus Christ à Mbandaka.

 

Hénoc Tshibangu

15:21 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Le mariage prostitué au Congo

Faut-il espérer du ou au mariage ?

Quand la dot trop chère « tue » le mariage

 

L’histoire se passe au Congo/Brazzaville. Selon des études menées par des universitaires congolais, plus de 70% des couples préfèrent vivre en concubinage jugé moins ruineux. Et pour cause, le coût de la dot lors du pré mariage, qui précède toute officialisation de l’union par l’Etat civil, connaît une inflation insupportable. En quête de notre consoeur « terrAfrica » n°18 du 19 mars 20104 révèle.

En tout état de cause, la coutume africaine dominée par la sorcellerie (sic), une œuvre diabolique empêchant ou ne permettant plus le mariage, et oriente tout sur la débauche, l’impudicité, est la vraie forme de l’impudicité. Due faire si on n’a pas des moyens requis pour un mariage à l’africaine ? Soit on reste chaste toute sa vie ou se compromet.

 

Le modeste domicile de papa Jean, au cœur du plateau des 15 ans, à Brazzaville, n’a jamais connu pareille effervescence. La canicule est éprouvante en ce mois de février, comme partout dans le pays en cette période de l’année.

D’imposantes cylindrées déversent dans la rue Louvakou des membres de la famille de Dieudonné, un homme de 40 ans, cadre dans une société pétrolière, qui vit en concubinage de plus de dix ans avec Gertrude, 28 ans, ,titulaire d’un master en droit, fille du maître des lieux. Une foule imposante s’est abritée sous deux grands chapiteaux. C’est jour de mariage coutumier. En bonne place dans les deux tribunes situées l’une en face de l’autre, on peut distinguer les parents des familles paternelle et maternelle de la fiancée, d’un côté, et celles du fiancé, de l’autre, ainsi, bien sûr, que de nombreux invités. Il est 14 heures lorsqu’un septuagénaire, le visage aussi ridé qu’un derrière de tortue, fait signe à l’assistance de se taire. C’est le « nzonzi », le sage, porte-parole de la famille de la fiancée, choisi à l’avance moyennant une rétribution financière. Il doit se servir de son éloquence pour séduire l’autre parti et use, pour la circonstance, d’un langage particulier.  D’où des questions apparemment saugrenues. « Que me vaut l’honneur de votre visite ? », demande-t-il à la famille du fiancé. « Je suis venu avec un coq, à la recherche d’une poule qui a élu domicile chez vous… », lui répond son alter ego engagé par la famille de Dieudonné. Ainsi démarre une logue « pièce de théâtre » qui va se jouer en plusieurs actes pendant quatre heures devant un public fasciné. Les deux acteurs principaux, les nzonzi, se relayent tour à tour sur la scène…

D’abord, pour avoir vécu dix ans en concubinage avec Gertrude, les parents de celle-ci estiment que leur futur Gendre est « passé par la fenêtre ». En d’autres termes, qu’il a pris femme sans passer par la cérémonie de pré mariage. En conséquence, Dieudonné se voit contraint de payer illico presto une « amende  de fornication », aux géniteurs de sa fiancée : montant 200.000 francs CFA. Puis arrive le moment tant attendu par les parents paternels et maternels de Gertrude : la présentation des cadeaux dont la longue liste a été envoyée trois mois auparavant par Dieudonné, à la suite de sa lettre de demande de dot. Le nzonzi, sous l’œil vigilant de la famille de Gertrude, passe en revue la longue liste des présents exigés au prétendant. Il les montre l’un après l’autre tout en vantant leur origine, qualité, nombre. « Regardez bien, il n’y a pas de chinoiserie ici ; Tout est ‘’made in France’’ », renchérit-il, souvent en s’adressant à l famille de la fiancée. La liste est longue et variée. C’est, somme toute, le condensé de deux listes présentées par les parents paternels et maternels de Gertrude : 10 dames-jeannes de 20 litres de vin rouge, 20 bouteilles de whisky, 2 groupes électrogènes, 10 couvertures en laine, 10 pagnes super-wax pour les 10 tantes maternelles de Gertrude, 2 paires de souliers avec lacets de marque J.M.Weston « made in France », 2 pires de chaussures dames, une moto de marque KTM (communément appelée « Djakarta »), 1 tronçonneuse, 10 lampes Coleman, 4 ensembles costumes blazer « made in France », 4 chemises, 4 cravates, 4 paires de chaussures pour les 4 oncles paternels de Gertrude, 50 casiers de bière locale, 25 casiers de jus de fruit, 10 foulards, 6 colas, 5 dames-jeannes de vin de palme, 2 coutelas et 1 enveloppe d’un montant de 500.000 FCFA (1.000.000 des francs congolais RDC).

 

Montrer qu’ « on est quelqu’un »

 

Après cette litanie, il faut ensuite supporter une autre farce, « payer un billet d’avion » imaginaire à une belle sœur qui se présente à Dieudonné. Celle-ci prétexte que sa sœur aînée Gertrude fait un séjour en France, et qu’il faut lui envoyer un billet d’avion retour. Sans barguigner, le jeune homme met à nouveau la main à la poche et en sort quelques billets de banque. Un Temps, deux mouvements Gertrude, soudain, superbement habillée, sort de sa cachette, au rythme d’une chanson rumba congolaise, pour prendre place à côté de Dieudonné. Le jeune homme pousse un « ouf » de soulagement. « Il vient de montrer qu’il est quelqu’un », s’autosatisfait un membre de sa famille. « Aurait-il pu le faire s’il n’était pas cadre ‘’argenté’’ d’une société pétrolière de la place’ ?’’, s’interroge Martin, mécanicien dans le groupe CFAO. Tout compte fait, « les parents offerts par Dieudonné à sa belle-famille lui ont coûté un peu plus de 4 millions de francs CFA », affirme Gisèle, mandatée, pour la circonstance, par son frère aîné pour s’occuper des achats liés à ce mariage traditionnel. Une somme que ne peut réunir un Congolais au niveau de vie moyen, reconnaît Théophile Pallé, enseignant à la Faculté des sciences économiques de l’Université Marien Ngouabi. « Le coût d’ »une dot peut parfois avoisiner 10 millions de francs CFA », reconnaît, Tâ Massamba, un nzonzi habitué des grands mariages.

Dans un pays où le « smicard »touche 90.000 francs CFA par mois, le mariage devient une affaire impossible pour les moins nantis et, surtout, pour les plus pauvres. « Epouser une femme au Congo est devenu une affaire de gros sous », explique Marcellin, vendeur au marché Total de Brazzaville. Une étude menée par Jean Didier Mbelé, chef de département de psychologie à la faculté des lettres et des sciences humaines, à l’université Marien Ngouabi, prouve que « le coût moyen du mariage coutumier au Congo s’établit entre 2 et 3 millions de francs CFA (4 à 6 millions des francs congolais). Qu’est ce qui explique une telle somme, alors que le Code de la famille rédigé en 1984 a officiellement fixé la dot au Congo à 50.000 francs CFA (100.000 francs congolais) ? La première raison, reconnaît-il, tient à la volonté de modernité des familles et au niveau élevé du coût de la vie. De plus, les parents n’hésitent plus à soumettre leur fille à un « marchandage », surtout si celle-ci est diplômée de l’enseignement supérieur. « Si elle est cadre d’une société de téléphone mobile, pétrolière, d’une banque, d’une compagnie d’assurance, de la douane, des impôts, d’une société brassicole…où les salaires sont plus élevés, alors c’est une valeur ajoutée sur laquelle se base la famille pour renchérir le coût de la dot de leur fille », reconnaît Antoine Mabounda, nzonzi à ses heures. Certains parents parlent de retour sur investissement des sommes et matériels dépensés pour assurer la formation de leur fille.

 

Des prétendants endettés

 

Ayant identifié le besoin en matière de financement de la cérémonie de prémariage, certaines banques de la place ont vite fait de proposer des prêts adaptés. Jean Didier Mbelé constate d’ailleurs que certains prétendants s’endettent auprès des banques, des sociétés de microfinance ou encore par des systèmes de tontine, qua,d ils ne se font pas directement aider par leur famille pour payer la dot. Au-delà de l’affaire d’argent, « il faut y voir le prestige, le m’as-tu vu du prétendant vis-à-vis de sa belle famille et de ses amis, le mimétisme », argumente le chef de département de psychologie de l’université Marien Ngouabi.

Le mariage, cher à cause de la dot, est donc rare. Selon un sondage effectué auprès de 1.000 couples par l’université Auguste Iloki, vice président de la Cour constitutionnelle, dans trois des principales villes congolaises (Brazzaville, Pointe Noire et Dolisie), il ressort que 75% des congolais vivent en concubinage. Dans 10% des cas, les parents de la fiancée ont reçu une pré dot et seuls 15% de couples sont mariés à l’état civil de Mfilou, le 7è arrondissement de Brazzaville, a célébré 89 mariages en  2008 contre près de 150 il y a dix ans. La mairie centrale a officialisé 89 mariages sur la période janvier-mai 2009 contre 212 en 2007.

Une autre étude, celle du Pr Jean Didier Mbelé, montre que sur un échantillon de 700 couples à Brazzaville, 70% des couples congolais vivent sous le régime de l’union libre, tandis que 15% sont déjà passés par le mariage coutumier, et 15% se sont officiellement mariés. «  Au sens européen du mot mariage, 85% des couples vivent en concubinage au Congo », indique l’étude du département de psychologie de la faculté des lettres et des sciences humaines de l’université Marien Ngouabi. Une situation d’autant plus préoccupante que le prémariage constitue le passage obligé pour tout candidat au mariage à l’état civil. Or, sans le mariage à l’état civil, le couple vit dans l’insécurité juridique. En cas de décès de l’un des conjoints, la famille se set de ce vide juridique pour faire main basse sur les biens du défunt.

Que faut-il faire pour permettre à une large majorité de couples congolais de légaliser leur union ? « Il faut purement et simplement annuler la dot », affirme, Jean Didier Mbelé. Un avis que ne partagent pas certaines femmes : « La suppression de la dot va totalement dévaloriser la femme. C’est par ce mariage coutumier que les hommes nous prouvent leur vrai amour », soutiennent-elles. Peut-être faut-il alors actualiser le Code de la famille rédigé en 1984, à l’époque du parti unique et dans un contexte de prévalence du dirigisme économique prôné par l’orientation communiste ? Une autre solution serait de s’inspirer des modèles de mariages collectifs à l’état civil au Cameroun, célébrés aux frais du gouvernement pour le compte des couples jugés pauvres. Pour le Professeur Mbelé, l’Etat congolais doit à tout prix cesser d’ »institutionnaliser la dot comme prémariage sans lequel le ; mariage à l’état civil ne peut se faire ». Une condition sans laquelle rien ne changera. Mais que dire alors de l’Inde où la fiancée se présente dans la famille du fiancé pour présenter sa dot ?

Le débat est lancé.

 

TerrAfrica/Le Scribe

15:20 Publié dans Rédaction | Lien permanent | Commentaires (0)